Le virus du Nil occidental, une maladie mortelle qui gagne du terrain en Europe

Transmis à l’homme par certains moustiques, le virus du Nil occidental peut entraîner, dans ses formes les plus graves, des atteintes neurologiques irréversibles. Longtemps considéré comme lointain, il gagne du terrain en Europe sous l’effet conjugué des oiseaux migrateurs et du réchauffement climatique.

06/08/2025

Une piqûre de moustique peut avoir des conséquences neurologiques dramatiques. En Italie, trois décès liés au virus « West Nile » ont été enregistrés en une seule journée, mardi 5 août, portant le bilan total à 13 morts depuis début 2025. L’ltalie, où la circulation du virus est confirmée dans 31 provinces réparties sur dix régions – principalement la Campanie (région de Naples) et le Latium (région de Rome) – est à ce jour le pays européen recensant le plus grand nombre d’infections par le virus du Nil occidental (VNO).

Transmis à l’homme par les moustiques, le virus, de son nom latin « orthoflavivirus nilense », entraîne une fièvre brutale, parfois associée à des complications neurologiques sévères chez de nombreuses espèces animales.

Identifié en premier lieu en Afrique de l’Est, il est aujourd’hui endémique dans le pourtour méditerranéen, en Europe centrale et en Amérique du Nord, où il est responsable de plusieurs cas mortels, comme il en a été recensés en Grèce continentale, en Italie du Sud et aux États-Unis.

En France, un cas autochtone – ce qui signifie que le patient n’a pas contracté la maladie après un voyage dans une zone contaminée dans les 15 jours avant la survenue des symptômes – a été identifié pour la première fois de l’année en juillet en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, selon le bulletin de surveillance des arboviroses diffusé le 30 juillet par Santé publique France.

Comment ce virus, aujourd’hui solidement installé en Europe et en Méditerranée, a-t-il fait son apparition sur le continent, comment se transmet-il, et comment se soigne-t-il ? France 24 fait le point.

D'où vient ce virus ?

Isolé pour la première fois en 1937 dans le district de West Nile en Ouganda, le virus du Nil occidental, un flavivirus de la même famille que ceux responsables de la dengue ou de la fièvre jaune, « a initialement été introduit [en Europe] par des oiseaux migrateurs venus d’Afrique », explique Santé publique France.

« Les phénomènes d’introduction par des oiseaux migrateurs se conjuguent à l’endémisation progressive. Depuis 2010, on observe une circulation plus importante en Europe, en Russie et sur le pourtour méditerranéen. »

En Europe du Sud, le virus est désormais bien présent chez les oiseaux ; les premiers cas de chevaux infectés ont été signalés en Toscane, en Italie, au début des années 2000 ; et des infections humaines ont été signalées dans diverses régions d’Italie depuis 2008.

En France, un premier foyer équin a été identifié en 1962 chez des chevaux de Camargue, et réapparu en 2000. Depuis, des cas de chevaux infectés sont signalés presque chaque année dans le Sud, principalement en Camargue, dans le Languedoc et en région Paca.

Quelques cas de transmission à l’homme avaient été recensés en 1962, puis en 2003, où des cas humains et équins ont été détectés dans le Var.

Depuis 2015, une circulation régulière est repérée avec des cas humains autochtones détectés chaque été dans le sud de la France. En 2024, 38 cas humains autochtones ont été enregistrés dans le Var, l’Hérault, le Gard, la Gironde et les Pyrénées-Atlantiques. Un record.

À qui et comment se transmet-il ?

Le virus ne se transmet pas d’humain à humain, mais par la piqûre de moustiques, en particulier du genre Culex. Les autres réservoirs comprennent les oiseaux sauvages (réservoirs naturels) et certains mammifères, notamment les chevaux, mais aussi dans certains cas les chats, les chiens et les lapins (hôtes accidentels, tout comme l’homme).

Les moustiques se contaminent en se nourrissant sur des oiseaux infectés. À l’occasion d’une autre piqûre, ils peuvent transmettre le virus à un autre oiseau ou à un hôte accidentel, comme l’homme ou le cheval.

« L’homme et le cheval représentent des ‘culs-de-sac épidémiologiques’ pour le virus West Nile, car la quantité de virus dans le sang est insuffisante pour infecter le moustique lors d’une piqûre et permettre ainsi la transmission de la maladie », précise Santé publique France.

Quels sont les symptômes ?

La majorité des personnes infectées par le virus ne présentent pas de symptôme, mais dans 20 % des cas, il peut provoquer une fièvre d’apparition brutale, des maux de tête, des nausées, des vomissements, un gonflement des ganglions lymphatiques, des douleurs articulaires et musculaires et des éruptions cutanées. Des symptômes qui peuvent varier de quelques jours à quelques semaines, et varient selon l’âge.

« Les virus saisonniers étant rares à cette période de l’année, il est conseillé de suspecter le virus du Nil occidental et de se faire tester dans ces cas », précise au quotidien italien Corriere della Serra le professeur Carlo Federico Perno.

Environ une personne sur cinq développe de la fièvre, et moins d’une sur 100 développe une maladie grave affectant leur système nerveux central (méningite, encéphalite). Plus rarement encore, d’autres complications telles qu’une hépatite, une pancréatite ou une myocardite peuvent apparaître, précise l’Institut Pasteur.

Environ une personne sur dix qui développe des problèmes neurologiques décède de la maladie.

Quel traitement ?

S’il existe un vaccin équin commercialisé contre la fièvre du Nil occidental, il n’existe pas, à ce jour, de traitement spécifique pour les êtres humains. Seuls les symptômes peuvent être traités lorsqu’ils sont présents, les cas graves devant être pris en charge en milieu hospitalier, en service de réanimation si besoin.

Pourquoi en entend-on davantage parler cette année ?

« En 2025, il semble y avoir plus de cas que les années précédentes, probablement en raison de coïncidences liées à la présence d’oiseaux sauvages, réservoirs naturels du virus », explique au Corriere della Serra le professeur Carlo Federico Perno. En Italie, « les zones marécageuses, comme les marais pontins ou la vallée du Pô, sont les plus exposées », poursuit-il.

En décembre dernier, une étude du Barcelona Supercomputing Center analysait les données de plus de 3 000 cas de virus du Nil occidental dans 20 pays européens, constatant que le changement climatique a directement augmenté la probabilité de circulation locale du virus en Europe.

Selon cette étude, environ 33 % des cas neuro-invasifs (la forme la plus grave d’infection par le virus) en Europe entre 2014 et 2022 étaient attribuables à des températures élevées, et 13 % à des précipitations exceptionnelles. Des températures hebdomadaires supérieures à 23°C étaient associées à un pic de risque après deux semaines.

En mai dernier, des traces génétiques du virus du Nil occidental ont été détectées pour la première fois chez des moustiques britanniques – l’une des détections confirmées du virus les plus septentrionales en Europe à ce jour.

« La détection du virus du Nil occidental au Royaume-Uni s’inscrit dans un contexte plus vaste de mutations, où, sous l’effet du changement climatique, les maladies transmises par les moustiques se propagent à de nouvelles zones », expliquait alors le docteur Arran Folly, arbovirologue de l’Autorité de santé animale et végétale (APHA).

La progression du virus du Nil occidental illustre ainsi un enjeu sanitaire majeur : celui de maladies longtemps considérées comme « tropicales », désormais bien présentes sous nos latitudes. Une réalité que le réchauffement climatique pourrait rendre incontournable dans les années à venir.

« C’est tout notre modèle social qui s’effondre »: pour la 1ère fois depuis 1945, les décès viennent de dépasser les naissances en France

En mai 2025, le nombre de décès sur un an a dépassé celui des naissances, une première depuis la Seconde guerre mondiale. 

Pour la première fois depuis 1945, le nombre de décès cumulés sur 12 mois dépasse le nombre de naissances. Un affaissement démographique français aux conséquences durables sur notre économie et sur notre système de protection sociale.

Des naissances en berne et des décès qui augmentent. Pour la première fois de ce siècle, le solde des naissances et des décès est négatif. En mai 2025 on comptait 651.000 décès cumulés sur 12 mois glissants, et 650.000 naissances, donc un solde démographique négatif (-1000).

« Cela arrive plus vite que prévu ». Même les projections d’il y a quelques mois attendaient ce retournement pour 2027″. Ce solde négatif concernait déjà la France métropolitaine, il englobe désormais les territoires d’outre-mer, qui connaissent eux aussi une forme de « dénatalité ».

Un choc démographique au précédent historique qui remonte à 1945. « Encore pire, si on exclut la guerre, ce solde négatif n’est pas arrivé depuis 1935. On assiste véritablement à une bascule dans un nouveau régime démographique ».

Une réunion sur le sujet s’est même tenue la semaine dernière à l’Elysée avec le chef de l’Etat ainsi que les ministres Aurore Bergé et Catherine Vautrin. Car le sujet inquiète l’exécutif au moins autant que celui des comptes publics.

Chute structurelle des naissances

Ce nouveau déséquilibre est-il seulement passager? « On doit s’en inquiéter, c’est une tendance globale. Il y a même une accélération de la tendance depuis quelques années car l’Insee prévoyait ce retournement pour 2035, donc nous sommes en avance. »

Autrefois plus conjoncturel et corrélé à des crises économiques (chute de la natalité lors de la grande dépression ou du choc pétrolier), la dénatalité n’est plus un aléa conjoncturel. C’est ce phénomène d’effondrement des naissances (près de -20% par rapport à 2010) que rien ne semble pouvoir enrayer. Bien davantage que la hausse du nombre de décès qui concerne la cohorte des baby-boomers devenus « papy-boomers ». La dénatalité est désormais un phénomène profondément installé dans la société française.

Fin de l’exception démographique française

La France qui a longtemps fait figure d’exception dans l’UE, avec son indice de fécondité par femme supérieur, c’est fini.

“La France ne fait que rejoindre ses vieux copains de l’Union européenne”.

« L’UE-27 a un solde naturel négatif, avec en « champion » les Allemands. La France entre ainsi dans un régime du vieillissement, caractérisé par une natalité faible et une espérance de vie élevée », complète-t-il. En effet, pour les femmes elle atteint 85,6 ans, au troisième rang de l’UE et pour les hommes 80 ans. La probabilité que la tendance s’inverse est quasi nulle.

Quelles répercussions économiques d’un tel ralentissement démographique? A court-terme, une franche évolution dans la consommation avec une chute de la demande mettant à risque le marché des laits infantiles, des tétines, ou des couches pour bébés. Mais au-delà, les conséquences donnent le vertige.

Recul de la population active et du nombre de cotisants

« La dénatalité quand elle dure, c’est moins de bras et moins de cerveaux pour faire tourner l’économie ». Moins d’enfants, c’est bien sûr moins d’enfants par classes et donc des écoles menacées.

« Sur dix ans on a déjà 500.000 écoliers en moins et 5.000 écoles qui ont fermé, même dans les centre-villes ». Et moins d’enfants, c’est aussi moins d’étudiants.

« C’est une marée descendante, cela va aussi toucher le système universitaire et dans une dizaine d’années environ le flux entrant sur le marché du travail va diminuer ».

L’Insee avait déjà documenté le déclin de la population active: en croissance modérée jusqu’en 2040, elle commencerait à décliner à partir de cette date pour se situer aux alentours de 29,2 millions en 2070. Ce repli pourrait intervenir encore plus tôt dès 2036 dans certaines régions.

« On va manquer de travailleurs avant même de manquer de travail »

Mise à mal de notre système de protection sociale

Et une baisse du taux d’activité globale implique une baisse des cotisations perçues. Le volume de nos dépenses sociales est lesté par deux postes lourds, la vieillesse et la santé qui représentent près de 50% des prestations annuelles chacune.

« Dans les deux cas, il s’agit d’un système par répartition. Les actifs cotisent pour les inactifs et les bien portants cotisent pour les malades ». Moins d’actifs qui cotisent c’est donc moins de fonds perçus pour davantage de pensionnés qui vivent plus longtemps. Une équation impossible à résoudre avec les paramètres actuels.

« C’est tout notre modèle social qui s’effondre. A l’après-guerre, on avait tout misé sur la démographie et notre système par répartition prenait la forme d’une pyramide. Aujourd’hui cette pyramide rétrécit en sa base à cause de la dénatalité et ne cesse de s’élargir par le haut. La solidarité intergénérationnelle pèse de plus en plus lourd ».

On peut aussi s’intéresser au financement de la dépendance qui est mis en risque. La dépendance illustre les difficultés liées au vieillissement de la population et à la dénatalité. Plus de personnes dépendantes, moins d’actifs pour payer les prestations sociales et moins de main-d’oeuvre pour les aider au quotidien.

Quelles politiques publiques ?

Sans relance de la natalité à l’horizon, malgré le volontarisme affiché du gouvernement qui ne peut aller jusqu’à ordonner les naissances, quelle adaptation possible des politiques publiques?

Difficile de relever encore les taux de cotisations qui atteint déjà 28% du salaire brut. « Une réponse facile est l’immigration même si elle peut s’apparenter à priver des pays en développement de bras et de cerveaux »

« La France se caractérise par un faible taux d’activité aux deux extrémités du spectre, pour les plus jeunes et les seniors. Il faut jouer sur les principaux paramètres qui sont l’âge d’entrée et l’âge de départ. »

Surveillance et lutte contre le moustique-tigre en Bourgogne-Franche-Comté

La lutte contre le moustique-tigre fait partie des priorités de santé publique en Bourgogne-Franche-Comté, où ce vecteur des virus de la dengue, du chikungunya ou du Zika est désormais implanté dans les 8 départements de la région.
La saison de surveillance du moustique tigre commence officiellement le 1er mai.

Voir la carte présentant les départements colonisées sur le site du ministère en charge de la Santé ici.

Installé depuis de nombreuses années dans l’Océan Indien et les Antilles (épidémie de dengue prolongée en Guadeloupe et Martinique), le moustique-tigre s’est implanté de manière significative et continue en métropole à compter du début des années 2000.
Il est désormais présent dans 81 départements.

La capacité d’Aedes albopictus à être vecteur du chikungunya, de la dengue ou du virus Zika, en fait une cible de surveillance prioritaire pour les autorités sanitaires et leurs partenaires, durant sa période d’activité en métropole : du 1er mai au 30 novembre.

L’objectif de cette surveillance renforcée est double : ralentir la progression du moustique-tigre et limiter les risques de transmission des arbovirus (dengue, chikungunya et Zika) dont il peut être le vecteur en métropole.

Le moustique-tigre est par ailleurs très nuisant (il pique aussi en journée, à plusieurs reprises ; sa piqûre peut être douloureuse).

En région Bourgogne-Franche-Comté 

Aedes albopictus est aujourd’hui implanté dans 7 départements :

  • en Saône-et-Loire, depuis 2014 ;
  • en Côte-d’Or et dans la Nièvre depuis 2018 ;
  • dans le Doubs et le Jura depuis 2020 ;
  • dans le Territoire de Belfort et dans l’Yonne depuis 2023.
  • en Haute-Saône depuis 2024

L’ARS (via un opérateur de démoustication) met en œuvre une surveillance dans les 8 départements de la région par un réseau de pièges-pondoirs, principalement sur les unités urbaines les plus peuplées, afin de suivre la dynamique de progression du moustique. Une enquête entomologique de terrain est réalisée pour confirmation en cas de nouvelle implantation, elle peut mener à considérer une nouvelle commune comme colonisée.

En 2024, le nombre de communes colonisées est passé de 124 à 171.

L’Agence Régionale de Santé intervient également lorsqu’un cas de chikungunya, de dengue ou de Zika est déclaré à ses services (ces maladies sont à déclaration obligatoire/DO). Une enquête de prospection entomologique est alors déclenchée pour identifier ou non la présence du moustique-tigre sur les lieux fréquentés par la personne pendant la période de virémie (présence du virus dans le sang). 
La présence concomitante d’un malade et d’un moustique suffit à déclencher une épidémie : le moustique s’infecte en piquant la personne malade, et devient capable d’infecter les personnes qu’il piquera ensuite.
Dans ce cas, un traitement insecticide peut être décidé afin de lutter contre l’instauration d’une circulation autochtone de la maladie. Ces opérations sont assurées par des opérateurs habilités et spécialisés.

En 2024, 62 cas importés d’arboviroses (dont un quart ont été hospitalisés) ont été signalés en Bourgogne-Franche-Comté pendant la période de surveillance renforcée, donnant lieu à 49 prospections entomologiques, qui elles-mêmes ont conduit à 7 traitements.

Au plan national, les saisons 2023 et 2024 furent exceptionnelle en nombre de cas :  une situation inédite qui doit inciter à une posture de vigilance et d’actionVoir les données de la surveillance renforcée en France hexagonale 2024 sur le site de Santé Publique France ici

Reconnaître et signaler le moustique-tigre

Tous les insectes qui volent ne sont pas des moustiques !

Aedes albopictus est petit : moins de 1 cm d’envergure. Noir avec des taches blanches sur le corps et les pattes, il a une ligne blanche sur le thorax et un appareil piqueur.

En savoir plus et signaler le moustique-tigre sur le portail de signalement ici.

Eviter son implantation

C’est durant la phase aquatique qu’il faut agir !

Avant de voler et de piquer, les moustiques se développent dans l’eau, sous forme de larves.

Chacun peut avoir les bons gestes pour éviter la prolifération d’Aedes albopictusen supprimant les petits réservoirs d’eau stagnante :

  • Vider (une fois par semaine) coupelles et soucoupes sous les pots de fleurs, gamelles des animaux, replis des bâches, seaux, pieds de parasol…
  • Couvrir hermétiquement les récupérateurs d’eau
  • Ranger (à l’abri de la pluie) les jouets, brouettes, seaux, arrosoirs
  • Entretenir les gouttières, rigoles et chenaux
  • Jeter déchets et pneus usagés
  • Créer un équilibre dans les bassins d’agréments : les poissons mangent les larves de moustique.

Voyageurs dans les zones à risque

  • Se protéger des piqûres de moustique
  • Continuer de se protéger de ces piqûres au retour, durant 3 semaines
  • Consulter sans attendre un médecin en cas de symptômes car seule la déclaration à l’ARS permet de déclencher les mesures de lutte anti-vectorielle

Ces recommandations s’appliquent en particulier aux voyageurs qui se rendent à la Réunion compte tenu de l’épidémie de chikungunya en cours. 

Pour tous : éliminer les eaux stagnantes, propices au développement des moustiques

Pour les personnes voyageant dans les zones à risque : Se protéger des piqûres de moustiques

Pour les personnes de retour de zone à risque : Continuer à se protéger des piqûres pendant trois semaines. Consulter sans attendre un médecin en cas de symptômes.

L’ARS Bourgogne-Franche-Comté est pleinement mobilisée dans son rôle de surveillance et d’intervention ; l’Agence compte sur l’engagement de chacun, collectivités, professionnels, usagers : c’est la somme des mesures individuelles et collectives qui permettra de réduire les risques.

Professionnels de santé : pensez aux maladies transmises par le moustique-tigre !

Les zones de circulation de ces 3 virus sont relativement superposables, il s’agit des régions intertropicales. Mais l’émergence de cas autochtones en France est observée dans certaines régions depuis quelques années.

Toute suspicion d’un diagnostic de dengue, de chikungunya ou d’infection à Zika en lien ou non avec un voyage doit faire l’objet d’une confirmation biologique et tout cas confirmé doit être déclaré auprès de l’ARS à l’aide du formulaire de déclaration obligatoire.

Implanter sans inciser, bientôt une réalité

23 Mai 2025

Une équipe de chercheurs américains vient d’accomplir une révolution médicale en développant une technologie d’impression 3D capable de créer des structures biologiques directement au sein des tissus profonds et ce sans incision chirurgicale. Publiée dans la revue Science, cette avancée ouvre la voie à des applications cliniques en matière de régénération tissulaire, de délivrance ciblée de médicaments et de surveillance physiologique in situ. 

L’impression 3D suscite depuis plusieurs années un intérêt majeur en médecine, notamment pour la fabrication sur mesure d’implants ou de matrices tissulaires. Toutefois, la nécessité d’une intervention chirurgicale invasive reste un frein à sa large adoption. La plateforme DISP (Deep Tissue in vivo Sound Printing), développée par des chercheurs du California Institute of Technology (Caltech), constitue un contournement de cette contrainte.

Le principe en est à la fois très simple et très compliqué : il s’agit d’injecter dans les tissus une « bioencre » composée de liposomes sensibles à la chaleur renfermant un agent qui permet de durcir l’encre.

Lorsqu’un faisceau d’ultrasons focalisés est dirigé vers une zone précise, il provoque une légère augmentation de la température (jusqu’à 41,7 °C). Cette chaleur fait fondre l’enveloppe des liposomes, libérant l’agent durcissant exactement là où il est nécessaire. Le matériau se solidifie alors immédiatement sur place, formant une structure en trois dimensions.

Dessine-moi une chimio 

Grâce à ce procédé, les chercheurs ont pu imprimer des formes complexes (comme des étoiles ou des gouttes) dans des muscles ou à proximité d’organes malades.

La plateforme est capable de créer une grande variété de matériaux : des biomatériaux conducteurs, des adhésifs biologiques, ou encore des encres thérapeutiques contenant des cellules vivantes. L’ensemble du processus est guidé en temps réel par une caméra ultrasonore, permettant une grande précision et un suivi dynamique du dépôt.

C’est une des clés de DISP : « la pénétration des infrarouges est très limitée. Elle ne touche que le tissu sous cutané. Notre nouvelle technique atteint, elle, les tissus profonds », explique le Pr Wei Gao, ingénieur biomédical à Caltech et cosignataire de ces recherches.

Des expérimentations ont déjà été menées avec succès chez l’animal. Chez le lapin, les structures imprimées ont été déposées à une profondeur allant jusqu’à 4 centimètres. Chez la souris, une bioencre chargée de doxorubicine a été imprimée à proximité d’une tumeur vésicale. Les chercheurs ont observé une efficacité significativement supérieure à celle d’une injection systémique. 

Wei Gao précise : « Notre prochaine étape consistera à essayer d’imprimer sur un modèle animal plus grand et, si tout va bien, nous pourrons l’évaluer chez l’homme dans un avenir proche ».

À plus long terme, les chercheurs ambitionnent d’associer leur technologie à l’intelligence artificielle : « À l’avenir, avec l’aide de l’IA, nous aimerions pouvoir déclencher de manière autonome une impression de haute précision à l’intérieur d’un organe en mouvement, tel qu’un cœur qui bat ».

Nous n’en sommes décidément plus à la médecine de Papa…

Semaine du rein : des dépistages gratuits en laboratoire et sans rendez-vous

Dans le cadre de la Semaine nationale du rein (du 8 au 15 mars), la CPTS Luxeuil Vosges Saônoises, en partenariat avec l’association France Rein, met en place des dépistages gratuits dans deux
laboratoires : Bio-City à Luxeuil-les-Bains et LPA à Saint-Loup-sur-Semouse. En parallèle, le 12 mars,
des dépistages seront proposés à l’hôpital de Luxeuil, puis le lendemain sur le site de Vesoul.


EST REPUBLICAIN 03 03 2025

Dans le cadre de la Semaine du rein, la CPTS Luxeuil Vosges Saônoises se mobilise en partenariat avec les municipalités de Luxeuil-les-Bains et Saint-Loup-sur-Semouse et l’association France Rein.


Comment vont nos reins ? C’est sur cette thématique que va s’ouvrir la Semaine nationale du rein organisée du 8 au 15 mars. En partenariat avec l’association France Rein, les municipalités de
Luxeuil-les-Bains et Saint-Loup-sur-Semouse, la CPTS Luxeuil Vosges Saônoises, se mobilise en proposant des dépistages gratuits des maladies rénales, dans deux laboratoires : Bio-City à Luxeuil et LPA à Saint-Loup-sur-Semouse. « La maladie rénale évolue silencieusement car elle ne se manifeste par aucun symptôme perceptible. Il y a des patients qui ne savent pas que leurs reins sont atteints et, quand ils l’apprennent il est bien souvent trop tard, impliquant dialyse ou greffe », souligne le docteur Martial Olivier-Koehret, président de la CPTS Luxeuil Vosges Saônoises. Il ajoute : « Une fois identifiée, on sait retarder l’évolution de cette maladie. »

Une prise de sang
Il suffit d’une simple prise de sang avec dosage de la créatinine. Cette protéine est un déchet produit par les muscles et filtrée par les reins et rejetée dans les urines. « La créatinine est un excellent marqueur d’insuffisance rénale. Elle a des valeurs différentes entre l’homme et la femme », détaille le docteur Thierry Coste, secrétaire de la CPTS. Les résultats seront communiqués aux patients et à leur médecin traitant. « La maladie rénale concerne un dixième de la population française avec une progression de + 2 %. L’objectif est de lister cette maladie en amont pour éviter une évolution », ajoute le docteur Caroline Jamey, membre du CA de la CPTS. Elle rappelle qu’il ne sera pas nécessaire d’être à jeun, ni de prendre rendez-vous.

Des tests à l’hôpital
En parallèle, le mercredi 12 mars, de 10 h à 16 h, l’association France Rein sera présente à l’hôpital de Luxeuil, pour effectuer des tests avec des bandelettes urinaires, appuyée d’une infirmière. « Le lendemain, le 13 mars, on réitère cette même opération à l’hôpital de Vesoul », mentionne Christophe Aubry , administrateur de l’association France Rein en Franche-Comté et greffé d’un rein en 2016. « Mon épouse est la donneuse. »

Un acteur majeur dans la prévention
La CPTS Luxeuil Vosges Saônoises est aujourd’hui un acteur majeur dans la prévention. « La biologie de proximité est un élément important. On est tous engagés pour améliorer la santé sur le secteur », souligne le docteur Martial Olivier-Koehret, qui compte bien poursuivre dans les actions. Le maire de Luxeuil, Frédéric Burghard salue cette belle initiative : « On a la chance sur le territoire d’avoir une CPTS qui innove et apporte des solutions concrètes et les pilote directement. »
Semaine nationale du rein, du 8 au 15 mars, dépistages gratuits dans les laboratoires Biocity à Luxeuil et LPA à Saint-Loup-sur-Semouse. Après-midi dépistage le 12 mars, à l’hôpital de Luxeuil et le 13 sur le site de Vesoul, de 10 h à 16 h, avec l’association France Rein Franche-Comté. CPTS Luxeuil Vosges Saônoises, Tél. 09 62 51 69 34.